La fédération du BTP évoque l’avenir du bâtiment

Au cours d’une assemblée générale qui s’est tenue le 18 décembre au Gaumont d’Amiens, les représentants de la fédération du BTP ont évoqué l’avenir de leur filière. Malgré une année 2012 difficile et des prévisions pessimistes pour 2013, d’importants chantiers devraient pouvoir relancer le bâtiment dans les années à venir.

Environ 150 personnes, dont de nombreux chefs d’entreprise, ont assisté à l’assemblée générale de la fédération française du BTP.
Environ 150 personnes, dont de nombreux chefs d’entreprise, ont assisté à l’assemblée générale de la fédération française du BTP.

 

Environ 150 personnes, dont de nombreux chefs d’entreprise, ont assisté à l’assemblée générale de la fédération française du BTP.

Environ 150 personnes, dont de nombreux chefs d’entreprise, ont assisté à l’assemblée générale de la fédération française du BTP.

L’assemblée générale de la fédération du BTP qui s’est tenue le 18 décembre a fait salle comble. Environ 150 personnes, dont une majorité de chefs d’entreprise, étaient présentes. Tous étaient venus écouter les prévisions du président national de la fédération du BTP pour les années à venir. Des prévisions pessimistes et préoccupantes pour l’avenir de la profession. « Pour l’année 2012, on a enregistré une baisse de 1,2 % de l’activité. Cela semble peu, mais chaque dixième est important. Cette année a été difficile pour les entreprises et très mauvaise pour le logement neuf. Si en 2011 il y en a eu 427 000, en 2012 nous n’en avons construit que 340 000 », regrette Didier Ridoret, président de la Fédération française du bâtiment (FFB).
Gérard Diruy, président de la fédération du BTP de la Somme, dresse un bilan similaire pour le département : « La situation est très tendue. Les premiers touchés par la crise ont été les artisans et les PME. Nous avons dû nous séparer de nos intérimaires, c’est difficile. »
Les deux présidents s’accordent pour dénoncer ce qui, selon eux, nuit à la profession : la crise, bien sûr, mais aussi une TVA trop élevée et une concurrence déloyale qui se développe avec le statut d’auto-entrepreneur. Pour combattre ces « injustices », Didier Ridoret souhaite voir apparaître « des mesures efficaces qui permettront de sauver le bâtiment ».

Une évolution positive
Plusieurs intervenants ont ensuite participé à deux tables rondes. La première était consacrée à l’avenir économique et institutionnel de la France et à l’évolution du bâtiment dans cinq à dix ans. Loïc Chapeaux, chef du service études économiques de la FFB, évoque cette fois des prévisions optimistes liées à l’évolution démographique. « Le taux de fécondité en France est l’un des plus élevés d’Europe. Tout cela génère des besoins. Dans quinze ou vingt ans, nous devrons construire des logements, des écoles, des bureaux… C’est un secteur qui reste donc porteur », a-t-il expliqué. Paul Brejon, directeur des affaires techniques à la FFB, est lui aussi positif : « Les matériaux que nous utilisons actuellement, tels que l’acier, le béton ou le verre, évolueront dans les prochaines années. C’est encourageant pour la profession. Cela veut dire que nos entreprises vont acquérir de nouvelles compétences. Le bâtiment sera un secteur de plus en plus pointu. »

D’importants chantiers
La deuxième table ronde était dédiée à l’avenir du territoire et ses impacts sur le bâtiment. Y ont notamment participé Gilles Demailly, président d’Amiens Métropole, Alain Herreng, directeur général de la SIP, et Alain Bethfort, président de la chambre des métiers et de l’artisanat de Picardie. Pour le maire d’Amiens, « il y aura du travail dans les années à venir ».D’importants chantiers tels que le tramway ou l’aménagement de la Citadelle devraient en effet redynamiser le secteur du BTP.
Alain Herreng émet quant à lui plus de réserves. La construction de logements sociaux devrait s’essouffler dans les prochaines années : « Les bailleurs sociaux jouent un rôle très important, surtout en Picardie où un ménage sur six habite en logement social. Or, les coûts de construction ne cessent d’augmenter. Il y a de plus en plus de textes, de normes à respecter. Tout cela est très contraignant. L’Etat nous demande de construire toujours autant de logements neufs, soit 150 000 par an en France, mais réduit de plus en plus les financements. Nous sommes donc dans une impasse. Il y a cependant un point positif : nous projetons de réhabiliter 850 logements dans les prochaines années, dont 600 à Etouvie », a-t-il conclu.