Environnement

Les énergies renouvelables, un moyen de sortir de la crise?

Les énergies renouvelable constituent un vivier potentiel de croissance important, d’après le SER, Syndicat des énergies renouvelables. Contribution climat énergie renforcée, débat public restreint…. L’organisation professionnelle avance de nombreuses propositions. 

Vingt-six pages de propositions. Le 9 juin, lors d’une conférence de presse en ligne, sur « Les énergies renouvelables : un levier de la relance économique », le SER (Syndicat des énergies renouvelables), qui représente les entreprises des différentes filières, préconisait  une cinquantaine de mesures. Parmi ces dernières, « nous proposons de reprendre  l’évolution à la hausse de la contribution climat énergie, de façon juste (…). Les recettes de cette contribution, il faut pouvoir les redistribuer pour aider les ménages les plus précaires, mais aussi les collectivités et les entreprises dans la  transition écologique », avançait  Jean-Louis Bal, président du SER, tirant les leçons du mouvement des Gilets Jaunes, surgi d’une contestation de la hausse de la taxe sur les carburants. 

Au delà de la fiscalité, nombre des propositions du SER s’attachent à faire évoluer le cadre administratif et réglementaire dans lequel se déroulent les projets d’implantation.  Objectif : « l’accélération et la fluidification du développement  des projets », précise Jean-Louis Bal. Parmi les mesures avancées, figurent la dématérialisation des dépôts de demande de permis de construire, ou encore l’encadrement des délais d’instruction des dossiers. Cas spécifique, lorsque les projets sont à l’initiative de l’État, le SER suggère d’engager les procédures de sélection des consortiums, sans attendre la conclusion des débats publics. Il s’agit de «paralléliser» les deux étapes, précise  Alexandre Roesch, délégué général du SER. Dans le même sens, le syndicat  plaide pour une évolution des modalités du débat public inhérents aux projets d’implantation, préférant la formule de « concertation avec garant », au « débat public », jugé plus contraignant en termes de délais et moins souple en matière de modalités.  

La querelle des énergies 

D’après une étude commanditée par le syndicat, à l’avenir, le secteur pourrait présenter des gains importants. En 2019, il  pèse 15 milliards d’euros de chiffre d’affaires, et ce montant pourrait croître fortement pour atteindre 24 milliards, en 2028. En termes d’emplois, on en compte 166 000 directs et indirects, qui pourraient devenir 264 000 emplois en 2023. « Aujourd’hui, 80% de la  valeur ajoutée se situe en France. Il y a relativement peu d’importations, même si c’est variable selon les filières et que certaines peuvent fortement s’améliorer. Cela profite à tous les territoires de manière homogène », argumente Jean-Louis Bal. 

Autre apport des énergies renouvelables souligné par le SER, des recettes fiscales qui profitent aux communes et aux intercommunalités : elle s’élèvent à 1 milliard d’euros en 2019. « Si on respecte la trajectoire de la PPE, Programmation pluriannuelle de l’énergie, l’apport de l’énergie renouvelable va être conséquent », poursuit le président du syndicat. La PPE, qui fixe les priorités des pouvoirs publics en matière d’énergie, prévoit une augmentation des énergies renouvelables dans le mix énergétique national. Et, au delà de ce cadre déjà existant, le contexte post-pandémie semble particulièrement favorable au déploiement des énergies renouvelables, depuis le Green Deal européen jusqu’au  futur plan de relance français, qui devrait afficher la même couleur. Le 14 juin, le président de la République, Emmanuel Macron, annonçait la nécessité d’une nouvelle économie plus  « écologique ». Reste que la baisse du prix du pétrole, elle, ne pousse pas dans la même direction. Ni le lobbying de la filière nucléaire, qui, se présentant elle aussi comme pourvoyeuse  d’emplois locaux, se mobilise pour accélérer les projets de construction de nouveaux EPR, rapporte le journal économique L’Opinion du 3 juin.