François Hollande chez Plastic Omnium

François Hollande et Laurent Burelle, le président de Plastic Omnium, ont inauguré &-Alphatech.
François Hollande et Laurent Burelle, le président de Plastic Omnium, ont inauguré &-Alphatech.

François Hollande et Laurent Burelle, le président de Plastic Omnium, ont inauguré &-Alphatech.

Le Président de la République, François Hollande, est venu inaugurer le nouveau centre de recherche et de développement, &-Alphatech, de l’équipementier automobile Plastic Omnium à Venette, près de Compiègne. L’occasion pour le président de fêter les 70 ans de l’entreprise et de réaffirmer que l’économie française va mieux…

François Hollande a effectué une visite de deux heures du nouveau paquebot de l’équipementier automobile Plastic Omnium, α-Alphatech, à Venette. L’entreprise fêtait ce jour là ses 70 ans. Le Président de la République a notamment été accueilli par Laurent Burelle, le président de Plastic Omnium, Laurence Rossignol, ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes, et Édouard Courtial, président du conseil départemental de l’Oise.
Le nouveau site recherche et développement de Plastic Omnium se situe sur un terrain de 8 hectares, avec des bâtiments qui se développent eux sur 24 000 m². Le tout pour un investissement de 70 millions d’euros. Les effectifs : 550 personnes – dont 200 recrutés en deux ans – mais les salariés sont 630 en comptant les prestataires externes. Ici, 28 nationalités se côtoient, le personnel travaille sur l’automobile plus propre de demain, l’entreprise propose des systèmes à carburant pour tous types de motorisation et systèmes de réductions des émissions des véhicules diesel. Dixneuf millions de réservoirs sont produits par an et un véhicule sur cinq est équipé dans le monde. Le leader mondial est aussi spécialisé dans les équipements et modules de carrosserie (pare-chocs, ouvrants arrière, spoilers et modules bloc avant). Dix-huit millions de parechocs sont produits par an et un véhicule sur six est équipé par Plastic Omnium.

Belle vitrine pour les clients C’est au pas de charge que le président a visité trois showrooms dédiés à l’automobile extérieure (pare-chocs et hayons), à l’environnement (système touchless) et à l’auto inergy (réservoirs à carburant et systèmes de dépollution). Il a ensuite parcouru des laboratoires et des ateliers de démonstrations avant de se diriger vers l’estrade pour les traditionnels discours. « Nous avions un site de recherche et développement sur Compiègne et un autre sur Laval, explique Adeline Mickeler, directrice de la communication chez Plastic Omnium. Les deux sites ont été regroupés ici. Nous invitons beaucoup de clients à venir pour leur présenter les dernières innovations. Le site est idéalement placé près de l’aéroport Charles-de-Gaulle et de l’autoroute A1. » De son côté, Laurent Burelle, le président de Plastic Omnium, a évoqué la voiture de demain : plus propre, plus sûre et plus intelligente. Il a souligné le « maintien sur notre sol d’un savoirfaire unique » et a insisté sur les qualités de ses salariés louant par exemple leurs compétences, leur discrétion et leur productivité qui ont facilité leur choix d’implantation. « Monsieur le Président, sachez ici que nous n’avons que deux CDD », a-t-il tenu bon d’informer François Hollande, en référence à la taxe prévue sur les CDD et au débat télévisuel auquel le président avait participé la veille. « Je vais aller les rencontrer tout à l’heure », lui a répondu quelques minutes plus tard François Hollande. Pour Laurent Burelle, la France reste un pôle d’excellence technologique. Il a cité en exemple l’UTC de Compiègne : « Notre engagement industriel, même avec une complexité grandissante, et notre esprit d’entreprendre sont toujours là. » Il a évoqué l’augmentation des effectifs et les récompenses aux collaborateurs et aux actionnaires : « Nous aimons les entreprises », a t-il conclu. « C’est l’anniversaire de votre groupe et il y a des âges que l’on atteint avec bonheur, a souligné François Hollande. Pour la vie d’une entreprise, 70 ans, c’est tout jeune. Mais nous connaissons les vicissitudes, les risques, les aléas, les efforts qu’il faut faire pour que l’entreprise à la fois se situe à un niveau mondial et reste toujours dans l’esprit familial qui a été le sien. Parmi les raisons que j’avais aussi de venir ici c’était de saluer l’effort de recherche que vous avez engagé et qui permet à votre entreprise et à vos clients de développer une performance industrielle tout à fait remarquable dans de nombreux secteurs et notamment l’industrie automobile.

Vous avez voulu que la performance industrielle soit au service de l’environnement et en faire un atout de plus. » Il a salué l’implantation, décidée avec le conseil d’administration, à Venette près de Compiègne dans l’Oise : « Vous aviez pressentis que la région allait s’agrandir car vous voyiez tout, vous devinez tout, vous anticipez tout, et vous saviez qu’il fallait donner à cette grande région une image qui est profondément la sienne de développement industriel et de recherche exceptionnelle. »

Crédit impôt-recherche Il a rappelé que l’entreprise avait multiplié les implantations à l’étranger tout en gardant des centres de recherche en France et qu’en 15ans elle avait doublé ses effectifs et quadruplé le nombre de ses usines, dont Laurent Burelle fait le tour. « Vous avez très tôt perçu que l’industrie automobile, malgré toutes les difficultés et les concurrences qu’elle devait rencontrer, les développements qu’elle devait assurer, pouvait être un facteur de développement considérable pour votre entreprise et ce dans l’idée que la qualité de l’air allait donner à l’industrie automobile des chances supplémentaires. En 2008, vous avez proposé aux constructeurs automobiles la meilleure solution, celle qui assure un traitement efficace des rejets d’oxyde d’azote des moteurs diesel. L’avenir du diesel dépend beaucoup de vous, de la capacité que vous aurez justement à démontrer qu’il n’y a pas de rejet d’oxyde d’azote et que la qualité de l’air n’est pas mise en cause. Vous êtes une des trois entreprises dans le monde qui maîtrise cette technologie. Pour la garder, il a fallu investir et investir encore. Vous ne demandez rien à l’État. Je salue cette démarche mais l’État peut même faire ce qu’on ne lui a pas demandé », a développé le président avant d’annoncer la « sanctuarisation » et l’extension du crédit impôt-recherche un dispositif qui « n’existe nulle part sauf en France et permet de donner aux entreprises qui font l’effort d’innovation et de recherche des conditions fiscales particulièrement avantageuses ». Il a évoqué des chercheurs sur un marché mondial et européen pouvant être séduits par de meilleures conditions d’accueil mais qui sont restés ou venus en France car l’attractivité en était la cause.
Sur-amortissement Il a rappelé que le sur-amortissement, lancé il y a un an, permettait une baisse de l’impôt sur les sociétés et favorisait les investissements. Expirant fin avril, il sera prolongé un an de plus avec la « reprise qui s’est installée pour donner un coup d’accélérateur ». Les grandes entreprises confrontées au marché international devraient sentir le plein effet du pacte de responsabilité via une baisse des cotisations pour les employeurs qui ont des salariés payés entre un et 3,5 fois le SMIC et une baisse de près deux points des cotisations familiales, le tout remboursé par l’État pour recruter davantage. Une alliance pour l’industrie du futur a été lancée. Elle rassemble les grandes entreprises, les fédérations professionnelles et les syndicats de salariés pour imaginer l’industrie de demain et anticiper. La banque publique d’investissement y consacre 8 milliards d’euros. Puis il a parlé de la santé économique de la France : « Les résultats nous permettent de dire que ça va mieux même s’il y a encore beaucoup à faire. La croissance est repartie : 1,2 % l’année dernière sans doute davantage cette année, mais nous ne devons pas nous satisfaire de ces niveaux là… L’investissement, clé de tout, repart. Les ventes de machines outils et de fournitures des équipements industriels progressent, 80 000 emplois nets ont été créés en 2015. Tout dépend des acteurs économiques et sociaux, des Français eux-mêmes. C’est eux qui ont la réponse. Il faut toujours penser à 20 ans. Il faut anticiper. » Au terme de son discours, François Hollande est allé à la rencontre des salariés présents, de très longues minutes. Discutant avec eux et se prêtant souvent à l’exercice du désormais traditionnel selfie.

 

Isabelle BOIDANGHEIN