La réduction des déchets , une priorité pour près de neuf Français sur dix

Si les Français attachent de l’importance à la nécessité de réduire leurs déchets, les écogestes restent, pour eux, des pratiques occasionnelles. Celles-ci semblent être difficiles à mettre en œuvre pour plus d’un tiers des citoyens, dans un contexte inflationniste, selon une récente étude.


(c)Adobestock
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Pour réduire leurs déchets les Français font des efforts importants au quotidien, mais les écogestes ne sont pas vraiment ancrés dans leurs habitudes. C’est ce qui ressort de la 3ème édition du baromètre « les Français et la réduction des déchets », réalisé pour le groupe Suez, spécialiste de l’eau et des déchets, auprès d’un échantillon de plus de 12 000 personnes, par l’institut de sondage Odoxa, et publié le 22 novembre 2022 dans le cadre de la Semaine européenne de la réduction des déchets.

Près de 89% des français confirment, en effet, veiller au quotidien à réduire et limiter leurs déchets, mais uniquement 37% le font de « façon systématique ». Les deux scores dépassent toutefois ceux enregistrés en 2021.

Les modes de consommation changent

Dans le détail des pratiques, 75% des français privilégient, lors de leurs achats, des emballages écoresponsables, plutôt que le plastique, dont 38% occasionnellement, notamment le carton (48%) et le verre (44%). Ou encore, 63% d’entre eux évitent les produits jetables, dont un tiers parfois, tandis que 53% optent pour des achats en vrac. La réparation des équipements en vue de prolonger leur durée de vie est, quant à elle, évoquée par 80% des personnes interrogées (38% occasionnellement et 15% régulièrement).

En revanche, d’autres éco-pratiques s’imposent plus facilement dans le quotidien des sondés. Par exemple, 72% d’entre eux consomment l’eau du robinet, dont 56% de manière régulière. Revendre ou acheter sur des plateformes de seconde main est aussi une pratique qui gagne du terrain, partagée par 69% des Français et devenue habituelle pour 38% d’entre eux, boostée par un contexte économique difficile (+ 4 points, par rapport à 2021).

Encouragés par la simplification des consignes de tri, 88% des Français estiment qu’il est facile de trier ses déchets, 40% trouvent même cette action « très facile ». Ils se montrent en revanche plus réservés sur l’engagement des entreprises en la matière : seulement 54% des salariés affirment qu’ils ont à leur disposition des moyens suffisants leur permettant de limiter les déchets (49% dans le secteur public).

Mais ils sont plus nombreux à confirmer l’implication de leur employeur dans les secteurs soumis à une réglementation sur la gestion des déchets, comme l’agriculture ou l’industrie (61%), le commerce (58%) et la construction (57%). Deux tiers des sondés saluent les moyens déployés en ce sens par les collectivités locales, en particulier, lorsqu’ils habitent une ville moyenne, une petite ville et dans les communes rurales (près de 70 %).

Des disparités régionales et entre communes

Au niveau territorial, l’engagement des citoyens dans la limitation des déchets diffère d’une région à l’autre. Il est moins fort dans les espaces les plus urbanisés, comme en Île-de-France et PACA, dans les grandes métropoles (Lyon, Aix-Marseille, Nice ou Toulouse). À l’inverse, dans l’Ouest, à Nantes, Rennes ou Orléans, les chiffres sont plus favorables : à titre d’exemple, 94% des habitants de Rennes Métropole s’attachent à limiter quotidiennement leurs déchets, c’est 10 points de mieux qu'à Marseille, Lyon, Toulouse ou Paris. Côté des pratiques, « le compostage, les circuits courts, la réparation des équipements restent encore peu développés, en dehors des villes petites ou moyennes et des zones rurales », souligne Odoxa.

Quant aux comportements autour d’eux, la moitié des Français affirment que leurs compatriotes font attention à minimiser leurs déchets, 58 et 56% dans les communes rurales et les petites villes. Aussi en Bourgogne-Franche-Comté (58%) et plus encore en Bretagne (61%). À l’inverse, ils se montrent plus sévères envers leurs voisins, notamment dans l’agglomération parisienne (41%), bordelaise (35%) ou à Aix-Marseille-Provence (42%).

L’inflation impacte les comportements

Et les ménages ne s’intéressent pas tous de la même manière aux problématiques environnementales. Face à l’inflation, certains sont contraints d’adapter leurs achats en fonction de leurs ressources, mettant de côté l’aspect écologique. La conviction qu’il faut modifier sa façon de consommer pour réduire davantage ses déchets, soit celle de plus d’un Français sur deux (53%), s’est d’ailleurs érodée en 2022 (-3 points), note l’étude. Elle se situe au plus bas dans les régions les moins aisées, notamment les Hauts-de-France et le Grand-Est (50%), ou la Bourgogne-France-Comté (49%), ainsi que chez les ouvriers et les foyers disposant de revenus modestes.

A.B et B.L